L’élection gouvernementale de Tokyo et ses enjeux

Cette année aura lieu la commémoration du troisième anniversaire de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daichi qui s’est produite le 3 mars 2011. Dans de nombreux pays, le 9 mars 2014 auront lieu des manifestations de soutien aux réfugié-e-s de la préfecture de Fukushima. La revendication sera partout la même : sortir du nucléaire, immédiatement, sans condition. Corinne Morel-Darleux, secrétaire nationale à l’écologie et conseillère régionale Rhône-Alpes, est arrivée au Japon le 4 février pour une série d’actions politiques à Tokyo ainsi que pour manifester son soutien au peuple japonais. Elle sera rendra également une journée dans la préfecture de Fukushima.

Durant ce voyage ont déjà eu lieu des rencontres avec des membres du Parti Communiste Japonais (le député Akira Kasai, la sénatrice Yoshiko Kira ainsi que deux membres du bureau international). Corinne Morel Darleux a ensuite pris la parole au nom du Parti de Gauche, à la manifestation antinucléaire à deux pas de la diète, pour apporter son soutien au peuple japonais et fustiger la politique énergétique du gouvernement Hollande encourageant à l’exportation de combustible nucléaire au Japon.

Ce dimanche 9 février ont lieu les élections gouvernementales de Tokyo. Celles-ci permettront l’élection d’un candidat qui deviendra le nouveau gouverneur métropolitain de la préfecture de Tokyo. Le statut de la ville de Tokyo, et de ses 23 arrondissements spéciaux, est particulier puisqu’il s’agit à la fois d’une municipalité et d’une préfecture. L’élection gouvernementale correspond donc en quelque sorte également à une élection municipale. Celles-ci ont été organisées en catastrophe après que les deux précédents gouverneurs, par ailleurs membres de partis libéraux (Parti Libéral Démocrate) et nationalistes (Tachiagare Nippon), aient démissionné pour différentes raisons. En effet, l’écrivain Shintarô Ishihara, ancien ami de Yukio Mishima, était gouverneur de Tokyo pendant près de 13 ans jusqu’au 25 octobre 2012, date à laquelle il annonce sa démission pour fonder son propre parti nationaliste et tenter de former un troisième pôle nationaliste en association avec Tôru Hashimoto, maire de Osaka, qui a par ailleurs également annoncé sa démission pour d’autres raisons. Celui-ci souhaite en effet, à travers ce geste, trouver un soutien plus large à son projet de métropolisation d’Osaka. C’est Naoki Inose, un écrivain conservateur soutenu par le Parti Libéral Démocrate, qui a été élu à la suite de Ishihara qui le soutenait. Inose n’a pas tenu longtemps puisqu’il a été contraint de démissionner en décembre 2013 alors qu’il était pris dans un scandale financier le concernant puisqu’il s’agissait d’un prêt douteux de 50 millions de yens (370 000 euros) alors qu’il était en pleine campagne électorale pour la gouvernance de Tokyo. Depuis fin décembre c’est Tatsumi Ando qui assure par intérim la fonction de gouverneur de Tokyo.

Kenji Utsunomiya

Cette élection est hautement politique et ses enjeux sont nombreux dans le contexte actuel nippon. Tokyo a remporté l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 en septembre 2013. Cette victoire en demi-teinte a reçu beaucoup de critiques notamment en termes de financement. En effet, pourquoi faudrait-il y consacrer des milliards alors que 150 000 réfugié-e-s de la préfecture de Fukushima et d’autres préfectures du nord-est du Japon attendent toujours de retrouver une vie digne et un logement ? D’autre part, pourquoi ne pas consacrer des ressources dans la sortie du nucléaire et au développement des énergies renouvelables ? C’est par cette approche qui prend en compte les dégâts humains de la catastrophe du 11 mars 2011 que Kenji Utsunomiya, le candidat soutenu par le Parti Communiste Japonais et les Verts, souhaite appréhender les Jeux Olympiques. Par ailleurs, il propose de sortir Tokyo du nucléaire. Il a d’ailleurs participé ce vendredi 7 février à la manifestation antinucléaire de Tokyo après la prise de parole de Corinne Morel-Darleux. Ancien président de la fédération japonaise des avocats, il souhaite également défendre l’emploi et lutter contre les heures supplémentaires impayées par les nouveaux « ateliers de misère » (burakku kigyô), ces entreprises sans foi ni loi où les salarié-e-s sont contraints d’accepter le pire.

Le Parti de Gauche soutient monsieur Kenji Utsunomiya pour l’élection gouvernementale de Tokyo du dimanche 9 février.
Nous apportons également toute notre solidarité aux partis japonais qui font campagne pour monsieur Utsunomiya. Nous souhaitons que l’alternative politique ait enfin lieu au Japon et notamment à Tokyo pour la sortie du nucléaire, contre la hausse de la taxe sur la consommation de 5 à 8 % en avril, contre les mesures néolibérales Abenomics et pour la hausse des salaires ! Résistance !

フランスの左翼党はこの2月9日(日)の東京都知事選に宇都宮けんじさんを応援します。宇都宮さんのために政治活動をやっている日本の政党(特に日本共産党)に連帯をお伝えします。脱原発、反消費税増税、新自由主義的なアベノミックス反対、賃上げのために、日本、そして東京に、ホカの政策になりますように!

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