Corinne Morel Darleux (Parti de Gauche) est partie semer les graines de l’écosocialisme au Japon

Après avoir repris doucement l’écriture avec la critique du dernier long-métrage de Miyazaki ce week-end, je souhaite aborder ici un sujet déjà évoqué il y a quelques mois : l’écosocialisme. Ce blog n’est à l’origine pas un blog politique mais un blog carnet de voyages. Cependant, le fil rouge n’est pas bien établi et il s’agit avant tout de faire découvrir le Japon à travers différentes facettes. Aujourd’hui je pense important de consacrer quelques articles tout au long de ce mois pendant lequel voyagera au Japon une camarade du Parti de Gauche. Elle y consacrera une bonne partie d’une dizaine de jours à des actions politiques et à la diffusion de l’écosocialisme au Japon tout en découvrant la plus grande mégalopole du monde.

Corinne Morel-Darleux

L’écosocialisme en quelques mots ce n’est pas une doctrine, pas une idéologie, pas un courant, pas une chapelle de parti mais plutôt une synthèse des idées les plus radicales du socialisme et de l’écologie politique. L’écosocialisme fait passer la valeur d’usage avant la valeur d’échange. C’est une prise en compte systématique de l’écosystème et des crises écologiques dans les réponses aux problèmes socio-économiques. Comment penser l’alimentation sans prendre en compte le transport des aliments ? Comment penser le travail sans prendre en compte la relocalisation des activités ? L’écosocialisme n’a pas été inventé par le Parti de Gauche. L’origine de ce terme remonte aux années 1970 et a depuis été débattu ça et là. Cependant le Parti de Gauche compte réactualiser cette notion. D’autres partis s’en revendiquent ouvertement comme Ensemble Front de Gauche ou le Nouveau Parti Anticapitaliste par certains égards. Bien évidemment il ne s’agit pas de repeindre le socialisme historique en vert mais d’y intégrer la dimension écologique qui est si souvent passée sous silence.

Plusieurs documents avaient déjà été rédigés ou publiés sur le sujet écosocialiste. Le Parti de Gauche a été à l’initiative de la rédaction d’un nouveau manifeste pour l’écosocialisme à la fin de l’année 2012. En parallèle ont été organisées les assises pour l’écosocialisme à Paris le 1er décembre 2012 dans une salle comble desquelles ont découlé des répliques d’assises un peu partout en France comme ce fût le cas à Douai le 7 décembre 2013 pour les assises départementales du Nord de l’écosocialisme auxquelles intervint Corinne Morel-Darleux. Depuis les premières assises le manifeste pour l’écosocialisme est maintenant disponible dans pas moins de dix langues : français, anglais, espagnol, italien, portuguais, allemand, néerlandais, grec, russe et… japonais ! J’ai en effet pris l’initiative de le traduire dans la langue de Mishima au printemps 2013. Cela a représenté pour moi un exercice intéressant de thème (du français vers le japonais) pendant un petit mois, et surtout cela m’a permis de m’imprégner des 18 articles de ce texte porteur de lignes directrices intéressantes sur lesquelles tout gouvernement progressiste devrait se baser pour faire passer les intérêts de tout l’écosystème avant les intérêts financiers et l’argent, et ce pour l’humain d’abord ! Finalement j’ai eu la chance de remettre en main propre ce manifeste traduit en japonais à Kimitoshi Morihara, responsable du secteur international du Parti Communiste Japonais (PCJ), en me rendant au siège du journal Akahata (赤旗 – « équivalent » japonais de l’Humanité pour le PCJ) en mai 2013 lors de mon deuxième voyage au Japon.

Cette fois-ci c’est d’un autre voyage qu’il s’agit. Celui de Corinne Morel-Darleux (コリンヌ・モレル・ダルル en japonais), secrétaire nationale à l’écologie au Parti de Gauche et conseillère régionale Rhône-Alpes, qui m’a parlé du projet personnel de partir au Japon il y a peu finalement. Corinne est déjà allée à l’étranger pour présenter le manifeste pour l’écosocialisme. Cette fois-ci il s’agit d’étendre le champ d’actions du Parti de Gauche en Asie en prenant pour porte d’entrée le Japon. Ce voyage serait initiatique et une première découverte du pays pour elle d’une part, et la possibilité de participer à des actions politiques de haute importance d’autre part. C’est pourquoi j’ai eu la chance de lui donner un coup de main notamment pour la prise de contact avec certaines personnes et camarades (en japonais surtout), la relance et la préparation de certaines activités de ce voyage.

Voici un extrait du programme politique prévu par Corinne au Japon (les informations sont mises à jour sur l’agenda de son blog) :

  • Vendredi 7 février : Rencontre avec Akira Kasai, député du PCJ. Puis participation et prise de parole, avec monsieur Kasai, à la manifestation antinucléaire hebdomadaire qui a lieu chaque vendredi soir devant la résidence du premier ministre et devant l’assemblée nationale (pour les prises de paroles politiques). A partir de 18h00.
  • Samedi 8 février : Présentation du manifeste pour l’écosocialisme à l’Université Meiji Gakuin (明治学院) sur le campus de Shirokane (白金) lors d’une conférence à l’initiative du PRIME. De 11h00 à 13h00. Bâtiment principal, 8ème étage (sur le site c’est indiqué 9ème étage mais les Japonais-e-s comptent le rez-de-chaussée comme un étage), salle n°92. Entrée libre et gratuite. Des exemplaires papier en japonais du manifeste pour l’écosocialisme seront disponibles. Lien : 【PRIME研究会】原発なき世界は可能だー原発大国フランスからのエコ・ソシアリズム マニフェストについてー. Puis de 13h00 à 16h30 : participation à un colloque sur la catastrophe de Fukushima avec des victimes réfugiées de la zone sinistrée. Lien : 【PRIME共催研究会】「終わらない3.11原発震災の被害―北関東の被災者・福島県からの避難者調査から考える―」アンケート報告会・パネルディスカッション開催.
  • Dimanche 9 février : Participation à la soirée électorale en soutien à Kenji Utsunomiya candidat soutenu par le PCJ et les Verts japonais à la gouvernance de la ville de Tokyo.
  • Lundi 10 janvier : Rencontre avec le conseiller nucléaire de l’Ambassade de France. Puis rencontre avec Hiroshi Satô, membre de la commission politique du PCJ.
  • Mercredi 12 février : Journée dans la préfecture de Fukushima avec un programme chargé*, grâce à un couple de réfugié-e-s Japonais-e-s originaires de la préfecture.

* Le programme un peu plus détaillé de la journée dans la « zone interdite » autour de la centrale de Fukushima Daichi :

  • Au matin : départ de la gare de Fukushima (chef-lieu de la préfecture de Fukushima).
  • Rendez-vous au restaurant Kaachan no Chikara Purojekuto (traduction : « Le projet puissant de maman ») en face de la gare de Fukushima qu’a ouvert en coopération avec l’Université de Fukushima un réfugié du village de Iitate (ndt : proche de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi).
  • Passage par Watari : un quartier à fort taux de radioactivité de la ville de Fukushima.
  • Mairie du village de Iitate et centre de décontamination.
  • Passage par Ukedo : un quartier de la ville de Namie située à 6 kilomètres de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi – via la ville de Minamisôma (ndt : pour information le maire de Namie avait lancé un appel désespéré en vidéo 15 jours après la catastrophe). Depuis ce point on peut voir la tour de la centrale. Ici depuis le 11 mars 2011 le temps semble comme arrêté.
  • Le ranch de l’espoir (ndt : espoir se dit « kibô » en japonais) contre l’abattage sélectif, qui élève 600 boeufs encore à l’heure actuelle.
  • En soirée : retour à la gare de Fukushima.

En plus de ce programme déjà bien chargé, d’autres activités devraient être organisées et notamment des rencontres avec des délégations du PCJ et des Verts japonais. Nul doute que ce magnifique voyage au pays du soleil levant aura en partie un sens politique. Corinne est maintenant partie à sa façon semer les graines de l’espoir et cueillir les fleurs de l’écosocialisme !

Quelques articles déjà parus au sujet de ce voyage :

Il faudra également suivre de près le blog de Jean-Luc Mélenchon qui devrait relayer une partie du voyage ; ainsi que le site écosocialisme.com qui regroupe beaucoup d’informations sur les sujets écosocialistes.

Le voyage sera aussi relayé sur les réseaux sociaux. Je vous invite à suivre la page Facebook de Corinne Morel-Darleux. Du côté de Twitter les comptes des camarades suivants seront sans aucun doute actifs quant au relai des informations : @CMorelDarleux bien sûr, mais aussi @ArthurMorenas, @BorisMorenas, @JulieDelPapa (co-responsable de la commission écologie du Parti de Gauche), @DidierPG26, @MathieuAgostini (co-responsable de la commission écologie du Parti de Gauche), @CVentura1 (secrétaire national aux relations internationales au Parti de Gauche) et @FRalleAndreoli !

N’oubliez pas non plus les hashtags suivants pour relayer l’information :

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