Vers de nouvelles élections législatives au Japon alors que la lutte des classes bat son plein !

Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda (Parti Démocrate du Japon), a dissolu l’Assemblée nationale (diète du Japon) suite à l’accord de vote avec le Parti Libéral Démocrate (PLD) d’un certain nombre de lois dont la hausse de la taxe sur la consommation. Le centre-gauche japonais qui ainsi, par une orientation très libérale, s’est donc allié à la droite conservatrice renonce une fois de plus à servir les intérêts du peuple japonais alors qu’en 2009 beaucoup d’espoir avait été placé dans le changement de gouvernement. L’annonce de la dissolution entraîne donc des élections législatives anticipées qui seront officialisées publiquement le 4 décembre et auront lieu le 16 décembre. Shintarô Ishihara, ancien gouverneur démissionnaire de Tôkyô, qui a créé un nouveau parti, compte bien se joindre à Tôru Hashimoto, maire de Osaka, fondateur du parti Nippon Ishin no Kai pour fonder un « troisième pôle » nationaliste qui aurait un vocation à prendre une place importance dans le paysage politique japonais.

Pour le Parti Communiste Japonais (PCJ), ces élections anticipées sont une bonne occasion pour rompre avec les politiques des deux gros partis complices du néolibéralisme. Le PCJ envisage de doubler le nombre de ses parlementaires à la chambre basse lors des prochaines élections législatives anticipées.

Diète du Japon
Diète du Japon (chambre basse, équivalent de l’Assemblée nationale).

Dans une interview du vendredi 16 novembre, le secrétaire général du PCJ, Kazuo Ishii, a déclaré que, dans un contexte de rejet du politique au Japon, les communistes se positionneraient en faveur d’une réforme fiscale ne se basant pas sur la taxe sur la consommation, sur le renforcement de la Sécurité sociale, sur une sortie de la crise diplomatique des îles Senkaku par le haut ainsi que pour une sortie immédiate du nucléaire. Sur ce dernier point, le PCJ est l’une des organisations politiques les plus actives et participe à chaque mobilisation comme ce fût le cas le dimanche 11 novembre où plus de 100 000 personnes se sont rassemblées pour encercler le Kantei (官邸), résidence du Premier ministre à Tôkyô face à l’Assemblée nationale.

En tant que parti dont l’histoire est presque séculaire (le parti fête ses 90 ans cette année), le PCJ entend ainsi être le seul parti remettant en question les « deux racines du mal » que sont l’acceptation de l’impérialisme américain ainsi que l’importance du monde de la finance. Pour cela, le parti entend continuer à se baser sur une politique où le peuple est protagoniste de sa propre histoire.

La colère du peuple japonais n’a fait que s’amplifier face à la politique de Noda allant à l’encontre des intérêts du peuple : hausse de la taxe sur la consommation, redémarrage de réacteurs nucléaires, déploiement du dangereux équipement nord-américain Osprey sur l’île d’Okinawa et poursuite des négociations pour une participation au pacte trans-pacifique de libre-échange (TPP). Le changement de politique avec l’arrivée du Parti Démocrate du Japon (PDJ) au pouvoir en 2009 après 60 ans de règne du Parti Libéral Démocrate (PLD) a été perçu comme un échec cuisant par le peuple japonais d’après Kazuo Ishii. En effet, ce dernier a de par une politique sociale-libérale poursuivi la tâche du PLD en se soumettant dans tous les domaines (économie, affaires étrangères) au bon vouloir des États-Unis d’Amérique. Cette soumission à l’impérialisme américain et au monde de la finance a commencé au début des années 60 et après qu’en 1952 le Japon ait signé le Traité de coopération mutuel et de sécurité avec les États-Unis d’Amérique. Le PDJ n’a d’ailleurs pas respecté son engagement de déplacer les bases américaines hors de son sol puisque celles-ci ne seront que relocalisées sur l’île d’Okinawa. Depuis 2009, le maintien par le PDJ d’une politique libérale au service des grandes entreprises (par la baisse de l’impôt sur les sociétés) et en faveur d’une dérégulation financière, ne fait que confirmer que, comme en France actuellement, la sociale-démocratie se plie aux intérêts économiques du capital et non pas des intérêts sociaux-économiques du peuple en alourdissant le fardeau de la taxe sur la consommation. La pauvreté et le creusement des inégalités ont atteint un niveau record depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

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