12 octobre : Cinq lacs, un mont sacré

Quelques nuagesTempérature moyenne

Pour cette deuxième journée dans la campagne japonaise je changerai encore de région pour me diriger près du fameux mont Fuji et de l’un des cinq lacs qui l’entourent. La matinée sera encore marquée par le transport en train à travers la plaine du Kantō. Comme pour Nikkō, l’atmosphère est radicalement différente de celle de Tokyo. L’économie semble complètement basée sur le tourisme et l’agriculture. Ces journées à la campagne me permettent de découvrir un Japon peu dépeint. Il faut peu de temps pour s’éloigner du tumulte des grandes villes et s’imprégner de la nature omniprésente marquée par les montagnes et la promiscuité.

Montagnes de la préfecture de Yamanashi

Je quitte Nikkō relativement tôt car un long trajet en train m’attend. Une boulangerie est ouverte sur le chemin de la gare en ce mardi matin. J’achète deux croissants et une boisson. À la gare des retraités français attendent aussi le prochain train vers Utsunomiya. Je vais vers le quai en passant ma carte SUICA au portique mais je me rends compte que le Japan Rail Pass est utilisable sur cette ligne. Ni une ni deux je me renseigne au guichet pour demander si il est possible d’annuler cette transaction. Sans problème l’employé de gare donne suite favorable à ma demande. La dématérialisation est certes pratique mais c’est tellement trivial de payer sans s’embarrasser à sortir de la monnaie qu’on en viendrait à perdre la notion d’argent… Direction donc le mont Fuji en reprenant le shinkansen vers Utsunomiya puis en traversant les préfectures de Tochigi, Saitama, Tokyo et Yamanashi. Je prends pas moins de six trains pour rallier la région des cinq lacs de Fuji : Nikkō, Utsunomiya, Omiya, Minamiurawa, Nishikokubunji, Otsuki et enfin Kawaguchiko.

Au fur et à mesure que le train s’éloigne de Tokyo la banlieue se fait de moins en moins dense. J’ai le sentiment que le passage vers la montagne se fait plus en douceur que vers Nikkō. L’arrivée dans les montagnes de la préfecture de Yamanashi (et d’une partie de celle de Kanagawa) marque la frontière entre la plaine du Kantō et la région du Chūbu (中部地方). Ces montagnes me rappellent une fois de plus les Vosges : des montagnes basses, boisées aux sommets arrondis. Le train express qui monte doucement vers Kawaguchiko fait un demi-tour une fois à la station Yoshida où se situe l’un des parc d’attractions les plus prisés des japonais. Une fois à destination, je me rends compte que le ciel est très nuageux malgré une température très agréable… Ma déception est déjà grande car je cherche le mont Fuji (富士山) et ne le trouve pas alors qu’il devrait être évident !

Retrobus de Kawaguchiko

Je dépose mon sac à l’hôtel puis retourne vers la place devant la gare qui est plutôt déserte. Il y a des arrêts de bus dont un qui attire mon attention : celui du retrobus, une sorte de bus à l’ancienne qui ressemble au Bus Magique du dessin animé du même nom 🙂 Ce bus est sur deux lignes. Il faut savoir que cette région près du mont Fuji est entourée par cinq lacs : Kawaguchiko (河口湖), Saiko (西湖), Shojiko (精進湖), Motosuko (本栖湖) et Yamanakako (山中湖) qui est plus à l’est. L’une des lignes du retrobus parcourt le lac Kawaguchiko, l’autre permet d’aller plus à l’ouest vers le Saiko, qui porte bien son nom de lac de l’ouest. Le mont Fuji est visible des cinq lacs, sauf qu’aujourd’hui le temps est très nuageux et ma visite est quasiment inutile. Je suis très déçu. Heureusement les lacs sont entourés par des lieux touristiques comme le musée d’art Kubota Icchiku où je me rends cet après-midi. Comme je suis arrivé vers midi j’en profite pour manger un plat de ramen dans un petit restaurant avant de prendre le retrobus vers le nord du lac.

Ah moi qui pensais circuler à pied – voire en stop – aujourd’hui et demain… Je change vite d’avis en voyant le parcours qu’emprunte le retrobus. Il faut près de 30 minutes pour atteindre l’arrêt du musée d’art sur le côté opposé du lac. Les routes ne sont pas super attrayantes il faut dire qu’avec pas mal de circulation et de bitume le retrobus était la meilleure solution pour me déplacer. Une fois à l’arrêt de bus le musée n’est pas bien loin. Il est consacré à la vie et l’œuvre de Kubota Icchiku (1917-2003). Le Guide Vert Japon a mis 3 étoiles à ce lieu touristique et comme le temps n’était pas terrible pour observer le mont Fuji j’en ai profité pour le visiter. Près de l’accueil du musée, une salle retransmet un documentaire en anglais ou japonais sur l’artiste. Une salle plus loin présente une collection de perles de Mésopotamie. La salle d’exposition principale regroupe une trentaine de kimonos confectionnés par l’artiste dont le thème est « les quatre saisons ». Ces kimonos sont d’une taille plus grande que la moyenne et leur création a nécessité plus de deux ans par unité. je continue dans une salle au fond où d’autres objets sont exposés comme des tables en bois. Une dame me propose un gâteau sur la terrasse près d’un étang et nous parlons de la France et de mon voyage.

Musée d'Art Kubota Icchiku

Le lac Kawaguchiko et le Mont Fuji

Je quitte le musée pour aller contempler le lac Kawaguchiko et le mont Fuji malheureusement masqué par les nuages. J’enrage. Le mont Fuji, haut de 3776 mètres est un volcan toujours en activité mais dont la dernière éruption date de 1707. Chaque année des milliers de touristes affluent pour l’escalader l’été, période pendant laquelle il est ouvert entre juillet et août. On peut le considérer comme l’un des symboles du Japon. Petite précision… Ne faites pas la même erreur que le restaurant Fujiyama et dites le Fujisan car la première expression est fausse ! Encore un restaurant japonais tenus par des chinois sans doute 😉 Pas grand chose à voir donc mis à part quelques feuilles d’automne par-ci par-là et un petit sanctuaire sur le bord du lac dédié à l’une des sept divinités du bonheur. Je retourne vers l’arrêt de bus pour attendre sagement le dernier bus vers 16h30… la nuit ne va de toute façon pas tarder à tomber. Oui par rapport à la France à cette époque de l’année la nuit tombe plus vite car le Japon est situé à une latitude différente et n’utilise que l’heure d’été. Je suis donc de retour à l’hôtel relativement tôt vers 17h30. L’occasion de souffler un peu dans ce voyage. On m’avait conseillé de prendre 2 3 jours au calme pendant cette longue période. Quand arrive l’heure du dîner je n’ai d’autre choix que d’aller chercher un truc au konbini du coin (Seven Heaven). Le trafic sur la route est toujours aussi dense. Ça sent fort la pollution… Je m’achète des sandwiches que l’employé du magasin me fait réchauffer 🙂 Heureusement l’hôtel est juste à côté. Je profite quand même de ce plat très basique devant la télévision au calme. Ah la télé japonaise ! Le public semble toujours aussi ébahi et les sous-titres envahissent l’écran. C’est une autre façon pour moi de travailler mon oreille japonaise. Je zappe par hasard et tombe sur… l’avant match de Corée du Sud – Japon ! Je reste scotché sur ça jusqu’au coup de sifflet final histoire de me remettre à jour sur l’équipe des samouraïs bleus et de leur nouvel entraîneur italien. Le match se finit sur un match nul et je m’endors peu de temps après…

Match amical Corée du Sud - Japon

Vous pouvez consulter les photos de cette journée. Les photos des autres journées sont également disponibles. Elles apportent un supplément visuel à chaque article. Chacune est localisée et comporte une légende. N’hésitez donc pas à y laisser vos commentaires ou questions !

10 thoughts on “12 octobre : Cinq lacs, un mont sacré”

  1. Ah une nouvelle journée!!

    Voila une partie du Japon que je ne connais pas du tout : la campagne… Je suis un peu jalouse là 🙂 car ça m’aurait bien plu, sortir des sentiers battus !!

    Fuji san est joueur, il aime bien se faire désirer…. Pour nous pluie et brouillard à Hakone donc invisible. On l’a juste aperçu depuis un train au loin un jour !! Quel dommage, c’est un symbole si fort du Japon.. Mais toi tu as sûrement eu l’occasion de le voir plus tard j’espère ^^
    Par curiosité je viens de regarder sur le net des photos de cette région ces 5 lacs, par beau temps c’est vraiment magnifique!!

    Dommage qu’il y ait autant de circulation dans la campagne !! Mais le bus jaune est vraiment sympa xD Tout à fait celui du dessin animé !!

    Heureuse surprise pour toi que le match de foot. Les Bleus nous ont tellement dégoûtés qu’on ne regardait plus que les samouraïs bleus 🙂

    Merci pour cette balade !!

    1. Une nouvelle journée mais un article court à l’image du « peu » de choses vues !

      Après bien que ce soit réellement la campagne je pense qu’il faut aller autre part pour expérimenter réellement des coins campagnards 🙂

      Tu verras plus tard que comme toi je ne l’aurais vu qu’une fois bien réellement et à un moment inattendu !

      Oui le bus jaune fait partie de ces petites choses sans lesquelles le voyage aurait été un peu moins marrant.

      Tout à fait je suis complètement derrière l’équipe du Japon parce que même actuellement avec les changements que l’on tente d’amener chez les Bleus on pointe toujours à une lamentable place au classement FIFA…

      Merci pour ton nouveau commentaire ça fait plaisir d’avoir une lectrice fidèle et prolifique en participation ! 🙂

  2. Super article.
    Si, un jour, je vais au Japon, j’essayerai de me souvenir de dire Fuji San et non Fuji Yama car sachant que Yama veut dire montagne, ce serait bizarre de parler de montagne Fuji.

    C’est vrai que moi aussi en ce moment, je suis un grand supp des samourais bleus avec des joueurs de qualité comme le defenseur Tulio Tanaka, le milieu def Endo et le « magnifique » milieu offensif (attaquant) du CSK Moscou Keisuke Honda.

    1. J’espère pour toi que ça sera pas couvert parce que c’est frustrant…

      Clair Honda est terrible. Mon préféré c’est Daisuke Matsui pour ma part il mouille le maillot à mort en équipe nationale et a joué en France 🙂

      1. Moi aussi (mon fond d’ecran c’est le mont Fuji).

        C’est que Matsui est superbe sinon dans l’ancienne génération de l’équipe du Japon, c’est Shunsuke Nakamura dont je suis fan de retour au Japon en Fevrier 2010 chez les Yokohama F. Marinos.

  3. Tiens je m’aperçois que le Fuji san est aussi en fond d’écran chez moi et sur un ordi du bureau 🙂 Sur deux autres, les torii du temple Fushi Inari et le Kinkaku Ji de Kyoto 🙂
    Quand on aime on ne compte pas!! Passionnée… vous avez dit passionnée ?? 🙂

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