Hiroshima et Nagasaki : déjà 66 ans

Vous l’avez certainement appris à l’école, les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ont mis fin à la seconde guerre mondiale côté Pacifique. Les 6 et 9 août marqueront les 66 ans de ces deux événements tragiques qui ont marqué la face du monde.

Le dôme de la bombe à Hiroshima

Plutôt qu’un long discours, je trouve légitime de simplement se poser plusieurs questions (sûrement naïves mais nécessaires) à l’occasion de ce triste anniversaire :

  • Le but des États-Unis était-il en réalité le test d’un nouveau type d’arme ?
  • Quel est le nombre exact des victimes (in)directes des deux bombes ?
  • Pourquoi continuer à promouvoir le nucléaire militaire et civil en 2011 ?
  • Quel est le sens de la guerre ? Et à plus forte raison des querelles ?

Le choix de Hiroshima était clairement stratégique à l’époque puisque la ville était située dans le sud du pays et réduisait donc la distance pour les avions américains. Elle abritait des hangars de armement et était depuis quelques années l’une des bases logistiques de l’armée impériale japonaise. Même si cet acte a poussé le Japon à capituler il n’en reste pas moins barbare…

L’année dernière la seule personne ayant vécu les deux bombardements est décédée. Cette personne habitait Hiroshima et s’était réfugiée à Nagasaki, un peu plus au sud. Malheureusement elle subit la deuxième bombe atomique trois jours plus tard… Ces victimes sont appelées en japonais hibakusha (被爆者) c’est-à-dire « victimes de la bombe atomique ». L’association Japon & Culture de Lille a invité plusieurs années d’affilé l’une d’entre elles, madame Hashizume Bun, qui a par ailleurs écrit un livre pour témoigner de son expérience. Elle milite depuis pour la paix et l’arrêt de la production des bombes nucléaires dans le monde. Son livre est disponible aux éditions du Cénacle et s’intitule « Le jour où le soleil est tombé j’avais quatorze ans ».

Paradoxalement le Japon a depuis 1947 une constitution qui les oblige à rester un pays pacifique. Cette constitution a été rédigée sous l’occupation américaine et le Japon a été un peu contraint de la signer. Voici ce que dit l’article 9 du chapitre II (renonciation à la guerre) :

Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu.

Des commémorations ont eu lieu ce matin à Hiroshima et Fukushima alors que la bombe avait frappé la ville de Hiroshima à 8h15. Ces rassemblements pour militer à la foi contre les armes nucléaires et le nucléaire civil font un peu un amalgame mais je les trouve légitimes en 2011. Pourquoi vouloir s’entêter dans cette voie dangereuse ? Vous pouvez lire l’article du Monde du 6 août 2011 de Philippe Pons qui fait également le rapprochement entre le bombardement atomique de Hiroshima et les événements du 11 mars. Un portfolio d’images des rassemblements a également été publié par le journal.

À propos de Hiroshima et Nagasaki

Drapeau de la ville de Hiroshima
Drapeau de la ville de Hiroshima
Drapeau de la ville de Nagasaki
Drapeau de la ville de Nagasaki

Hiroshima (広島市) est la capitale de la préfecture du même nom, située dans la région du Chûgoku (中国地方) à l’ouest du Japon sûr l’île de Honshû. Elle fait face à la mer intérieure de Seto (瀬戸内海). Cette bande du Japon qui fait face à cette mer est appelée le San’yô (山陽) alors que la partie opposée qui fait face à la mer du Japon est appelée le San’in (山陰). La ville comptait 419 000 habitants en 1942 puis 137 000 après le bombardement. Elle comptait 1 174 000 habitants en 2010. La ville a été complètement reconstruire et seuls le dôme de la bombe et quelques bâtiments ont survécu au bombardement. Google a d’ailleurs été prendre des photos exceptionnellement à l’intérieur du dôme pour Street View avec l’accord de la ville d’après l’article du blog officiel de Google Japan. La ville est très dynamique et moderne. C’est sûrement l’une des villes japonaises où je voudrais le plus vivre. À noter que la ville est connue pour ses okonomiyaki que je recommande vivement de goûter !

Nagasaki (長崎市) (à prononcer NagaSaki et non NagaZaki) est elle aussi la capitale de la préfecture du même nom. La ville est située au sud ouest de Hiroshima sur l’île de Kyûshû qui correspond à la région du même nom. La ville comptait 240 000 habitants avant le bombardement, 165 000 après. 443 469 habitants vivaient à Nagasaki en 2010. La ville est connue pour avoir abrité de nombreux portugais avant la fermeture du pays sakoku (鎖国) aux étrangers pendant l’ère Edo (1603-1868). Elle fut donc un point d’entrée pour le christianisme. De nombreux chrétiens pratiquèrent leur culte en cachette dans la région de Nagasaki pendant plus de deux siècles alors que c’était interdit par le shogunat. Aujourd’hui encore des églises parsèment le paysage de Nagasaki. J’ai pu également en voir sur le trajet vers Hiroshima en shinkansen. J’aimerais faire un tour de Kyûshû lors d’un prochain voyage au Japon. Je n’y manquerai pas de visiter Nagasaki !

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