Comment (bien) prononcer le japonais ?

Le japonais n’est pas réputé pour être une langue facile. Si le japonais est ainsi perçu c’est très probablement dû à son écriture plutôt difficile à prendre en main au début mais qui finalement s’avère très amusante à décortiquer sur le moyen terme. Si il est bien une partie de la langue japonaise qui est facile à appréhender, c’est bien sa prononciation !

Le japonais se lit de haut en bas et de droite à gauche

C’est souvent par là que commence l’apprentissage d’une langue. Comment prétendre, en effet, vouloir apprendre sans découvrir la prononciation ? La méthode Assimil commence également ses ouvrages par une introduction qui comporte de la phonétique pour aider à la compréhension de la prononciation. Pour le japonais c’est encore plus vrai car j’estime qu’il est inutile de commencer à apprendre la grammaire sans connaître les kana et donc la prononciation. C’est un peu la même chose pour le vocabulaire même si certains mots très courants sont déjà connus par le débutant mais souvent mal prononcés ! Il est possible de demander à Google la transcription d’un mot ou d’une phrase en japonais et même de faire lire cette phrase ce qui est très utile pour apprendre la langue !

Le japonais s’écrit à la fois en kana et en kanji. Chaque kanji peut-être écrit en kana. Les kana sont composés des hiragana et des katakana qui dans leur forme la plus simplifiée peuvent représenter 48 sons sans compter des sons composés que je n’aborderai pas ici. Il est possible d’afficher l’ensemble de ces sons sous la forme d’un tableau qui contient tous les kana. Chaque colonne est l’assemblage d’une consonne et de chacune des voyelles suivantes : A, I, U, E et O sauf pour la colonne des Y et W car les sons yi, ye et wu n’existent pas en japonais. Dans le tableau ci-dessous, il manque également les syllabes modifiées par les diacritiques dakuten (濁点) et handakuten (半濁点) qui transforment les sons. Par exemple, le son ha (は) deviendra ba (ば) en ajoutant un dakuten et pa (ぱ) en ajoutant un handakuten. Ceci est valable sur les colonnes K, S, T et H qui se transforment en G, Z, D et pour H en B et P.

k s t n h m y r w
a あ ア か カ さ サ た タ な ナ は ハ ま マ や ヤ ら ラ わ ワ
i い イ き キ し シ ち チ に ニ ひ ヒ み ミ * り リ ゐ ヰ 1
u う ウ く ク す ス つ ツ ぬ ヌ ふ フ む ム ゆ ユ る ル *
e え エ け ケ せ セ て テ ね ネ へ ヘ め メ * れ レ ゑ ヱ 1
o お オ こ コ そ ソ と ト の ノ ほ ホ も モ よ ヨ ろ ロ を ヲ
* * * * ん ン * * * * *

(1) Ces signes ne sont plus utilisés dans le japonais moderne. Il est possible de les retrouver dans d’anciens textes et romans du début du XXème siècle. Par exemple, il est possible d’en trouver dans certaines œuvres de Natsume Sôseki qui peuvent être lues en ligne librement.

En réalité dans cet article je voudrais surtout revenir sur la particularité de certains sons du japonais qu’ont tendance à écorcher trop facilement les étrangers :

  • Pour commencer, ce qui m’exaspère le plus c’est quand j’entends un Ozaka et Nagazaki en lieu et place de Osaka et Nagasaki ! Oui le S se prononce bien SS comme dans sake !
  • Parmi les voyelles et les syllabes qui les utilisent, il faut bien veiller à prononcer le U entre U et OU comme dans… Pikachu 😉 Le son E et les syllabes associées se prononcent É et non pas E, son qui n’existe pas en japonais. Les japonais qui apprennent le français retranscrivent souvent ce son en passant par O. Par exemple, l’article « de » devient do (ド) dans la transcription en katakana. Je trouve que cette transcription n’est pas le meilleur moyen d’apprendre le français pour un japonais et qu’il vaut mieux tenter de retranscrire le son à l’oral sans transcription quelconque.
  • Le japonais peut allonger le son de certaines syllabes en ajoutant un u (う) en hiragana ou une barre (ー) en katakana aux syllabes en -O ou en -U. Dans la transcription en rômaji (ローマ字, la syllabe dont le son est allongé apparaît avec un ^ ou un – au dessus de la voyelle comme par exemple : Sôsuke qui se prononce en fait « Soosuke » et non « Sousuke ».
  • Passons maintenant aux consonnes utilisées pour former les syllabes. La plus particulière est sûrement le R qui ne se prononce pas comme en français. Il s’agit en fait d’un R liquide plus proche d’un L bien qu’il soit possible parfois de l’entendre roulé dans des dialectes ou des films de yakuza ! Il m’arrive parfois d’entendre quasiment un D à la place du son L comme dans ruuru (ルール) qui signifie « règle ».
  • Une autre particularité est le son H qui est toujours aspiré comme « Harry » en anglais sauf dans le cas des particules enclitiques ha (は) et he (へ) qui se prononcent respectivement WA et E. Ce H aspiré est très important car il peut y avoir confusion avec les voyelles simples A I U E O. Par exemple, si dans le groupe nominal suivant le H n’est pas aspiré, la signification change complètement : hatsuhi no de (初日の出) signifie « le premier lever de soleil de l’année » alors que atsui node (暑いので) veut dire « parce qu’il fait chaud », ce qui est complètement différent !
  • Un autre son qui pourrait sembler être le même qu’en français est le G qui se prononce comme un GU nasal. Il faut bien insister sur le son nasal. J’ai déjà eu droit à la remarque d’un prof japonais sur ce point alors ça m’a marqué !
  • N’oubliez pas non plus de différencier les sons SH et CH qui se prononcent respectivement SH comme dans chat et TCH comme dans cha-cha-cha.
  • Enfin, il arrive que certains consonnes soient doublées, ce qui se traduit pas une légère coupure dans le mot (autrement dit un blocage de l’air qui sort). L’école qui se traduit gakkô (学校) se dira GAK-KOO : un mot bien trouvé pour réviser le G nasal, le son long et la double consonne !

Voilà je ne vais pas aborder ici les autres sons du japonais qui se prononcent comme en français. L’important est de retenir les particularités ci-dessus. Vous pouvez trouver plus d’informations sur les sons non abordés ici sur Wikipédia. En ce qui concerne l’accent du japonais, il en existe deux : un haut et un bas. Retenez simplement qu’il faut lire ou dire les groupes nominaux complets (en prenant la particule qui marque la fonction du groupe ou du mot). L’intonation change selon les régions du Japon et peut s’avérer amusant à entendre parfois !

2 réflexions au sujet de « Comment (bien) prononcer le japonais ? »

  1. Yes c’est cool que tous les sons japonais existent dans la langue francaise… Il suffit de mémoriser les quelques règles que tu énumères, un peu de pratique, et on sonne presque comme un japonais! Après il suffit de passer qques semaines au Japon, et avec l’imitation, on sonne comme un vrai japonais!!

    Alors que les chinois (« aligatou gojaimashu ») ou les coreens (« doujo, doujo! ») ou les anglosaxons (« tabete kyuudeusaii ») ont un peu plus de mal (^^)

    1. Merci pour ton commentaire François ! Même sans quelques semaines au Japon je pense qu’il est facile d’avoir la bonne intonation japonaise 😀 Il paraît que pendant la seconde guerre mondiale les soldats japonais faisaient prononcer aux civils des phrases que seuls les japonais savaient (soi-disant) bien prononcer… et que si ils se plantaient ils étaient exécutés…

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