24 octobre : Retour à Tokyo

Temps couvertAssez frais

Journée coup de ♥ !

Aujourd’hui, ce n’est pas ma dernière journée au Japon mais presque. Demain, je repars en France. Je suis revenu à Tokyo pour faciliter le retour en avion et éviter de prendre un vol domestique de Osaka à Tokyo. J’aurai le droit à un temps pluvieux pour finir le voyage mais ce n’est pas grave j’ai la tête plein de bons souvenirs et aujourd’hui est encore une journée intéressante ! J’utiliserai le shinkansen une dernière fois pour revenir de Kyoto vers la capitale. Le matin j’ai prévu de visiter le musée Edo-Tokyo tandis que l’après-midi j’ai rendez-vous avec un ami, déjà rencontré le 10 octobre, pour aller voir ensemble un match de foot !

Alors que je pouvais revenir en France en passant d’abord par l’aéroport du Kansai à Osaka, j’ai choisi de prolonger mon voyage d’une journée à Tokyo pour faciliter le retour vers l’aéroport de Narita et éviter de prendre un vol domestique. Ce matin, je me lève donc très tôt pour préparer mes affaires (gros bagage + sac à dos) et prendre un shinkansen matinal vers la capitale nippone. La propriétaire du ryokan me sert le petit-déjeuner qui n’était normalement pas compris puis m’offre aussi une sorte de peluche de chien habillé en kimono. Je quitte l’auberge en pensant à mon lit douillet ce soir à l’hôtel pour retrouver mon petit confort d’occidental. Le ciel commence à se couvrir. C’est la même chose dans tout le pays, la chaleur laisse la place à la pluie. L’automne arrive enfin. Je monte dans la voiture 13 du train qui part à 7h29 sans une seconde de retard… J’avais réservé ce billet à mon arrivée au Japon trois semaines plus tôt. Le train s’arrête à Maibara au nord de Hikone sur le rivage nord-est du lac Biwa, puis à Gifu Hashima au nord-ouest de Nagoya. Il s’arrête ensuite à cette même ville. J’achète un sandwich et un café noir en guise de deuxième petit déjeuner. Le train fait ensuite halte à Toyohashi où se trouvent pas mal d’usines : Yamada, Panasonic, Ned, San’yo… Je suis étonné que le train, un hikari shinkansen ne s’arrête pas à Shizuoka où j’aperçois brièvement la statue d’un Gundam grandeur nature, déplacé depuis Odaiba il y a quelques mois. Le mont Fuji est toujours masqué par les nuages sur la gauche. Seule sa base et les champs de thé aux alentours sont visibles… Les prochaines gares sont celles de Yokohama, Shinagawa et Tokyo où je descends chargé comme un baudet.

Ryôgoku Kokugikan

Le sumô, un sport national

Le train arrive à 10h10 en gare de Tokyo, bondée même en ce dimanche de fin octobre. Je recommence le même parcours du combattant avec mon gros sac pour retourner à l’hôtel de Ikebukuro en métro. Cette fois-ci, il y a moins de monde dans les rues et je n’ai pas 12 heures d’avion dans les jambes. Je pose rapidement mes affaires pour perdre le moins de temps puis reprendre le train de la ligne JR Yamanote jusque Akihabara puis le métro (ligne JR Sôbu Line) vers le quartier de Ryôgoku (両国) de l’autre côté de la rivière Sumida. Ce quartier est dans l’arrondissement Sumida-ku (墨田区) et devrait profiter d’une nouvelle dynamique suite à la construction de la Tokyo Sky Tree un peu plus au nord.


Quartier de Ryôgoku

Il est à peu près 10h45 le temps d’arriver à destination. Avant d’aller au musée Edo-Tokyo, je compte bien passer plus près du palais du sport national qu’est le sumô (相撲). Je l’avais déjà vu lors de ma croisière sur la Sumida il y a trois semaines. Le bâtiment du Ryôgoku Kokugikan (両国国技館) a un style particulier et a été construit en 1909. Le sumô aurait une origine dans les luttes chinoises ou mongoles d’il y a 1500 ans. L’un des premiers écrits en japonais, le Kojiki (古事記), le mentionne. Il s’agissait à l’origine de combats organisés à l’occasion du festival de Tanabata pendant la période de Nara (710-794). Ces combats avaient lieu près des rizières pour prédire les bonnes récoltes. Parfois un lutteur se battait contre un adversaire invisible qui représentait le dieu de l’eau, autrement dit probablement une créature appelée kappa (河童) dans l’imaginaire japonais. Le combat voyait systématiquement la victoire du dieu qui de son immense bonté veillait à ce que l’eau ne manque pas dans les rizières.

Entrée du Ryôgoku Kokugikan

Le sumô ressemble fort à la lutte gréco-romaine. Il n’y a pas de classification par poids contrairement à la boxe. Pendant l’époque Heian (794-1185), des combats eurent lieu une fois par an devant l’empereur. Le sport devint professionnel à l’époque Edo (1603-1868). De nos jours, le sumô n’est pratiqué en compétition que six fois par an lors de tournois de deux semaines : trois fois à Tokyo (dont une en septembre, soit peu de temps avant mon voyage), une fois à Nagoya, Osaka et Fukuoka. Le kokugikan n’est ouvert au public qu’en semaine et malheureusement c’est dimanche aujourd’hui. Pourtant, les gardiens à l’entrée semblent expliquer à des gens qu’il faut patienter encore un peu pour entrer… sûrement pour assister à un entraînement de l’école de sumô. Je dois aller au musée voisin car le temps m’est compté une fois de plus !

Visite du musée Edo-Tokyo

Pour cette dernière journée complète au Japon et à Tokyo surtout, j’ai trouvé que le musée Edo-Tokyo était une bonne idée pour avoir une vue d’ensemble sur l’histoire de la ville avant de partir. Ce musée retrace l’histoire de la ville depuis 1603, début de l’ère Edo. À l’origine, la ville était un petit village de pécheurs appelé Edo (江戸), ou « porte de la baie » (de Tokyo). Le shogun Tokugawa Ieyasu décida d’installer ses quartiers à Edo pendant plus de deux siècles. La ville devint capitale officielle du pays en 1868 après Kyoto. C’est à ce moment là qu’elle fût baptisée Tokyo, capitale de l’est.

Musée Edo-Tokyo

Fresque près du musée Edo-Tokyo

Sur le chemin vers le musée, il y a une fresque d’une dizaine de mètres peinte sur un mur. Elle montre des scènes de la vie quotidienne d’autrefois. De nombreux corps de métiers et classes sociales sont visibles : paysans, marchands, samouraïs, courtisanes… Je rentre rapidement dans le musée. Il est possible de visiter une exposition spéciale consacrée à la rivière Sumida (隅田川). Je prends un ticket pour l’ensemble tout en sachant que je devrais zapper certaines zones.

Un artisan dans son atelier à Edo

Scène de théâtre

Le bâtiment du musée Edo-Tokyo (江戸東京博物館) est très grand. Certains y verront la forme d’une sandale geta de par son apparence extérieure. La visite commence par le cinquième étage où le fameux pont Nihonbashi est reproduit grandeur nature. Ce pont était le point de départ de la route du Tokaido. Ce premier étage présente le château d’Edo, la division de la ville, la zone d’habitation et une résidence de samouraï. En descendant à l’étage du dessous, le visiteur découvre des reconstitutions de maisons d’artisans et d’habitants. Différents thèmes sont abordés : la culture, le commerce… En progressant dans l’étage, je tombe sur deux reconstitutions : celle d’un théâtre et celle d’une agence de presse. Une musicienne joue du shakuhachi, une sorte de flûte traditionnelle, devant le théâtre face à un public attentif.

Une musicienne joue du shakuhachi devant le théâtre reconstitué

Une machine à laver Toshiba du début de la deuxième moitié du XXème siècle

Le temps presse. Je dois rejoindre mon ami à Omiya en train pour ne pas rater le match. C’est dommage car le musée vaut vraiment le détour ! Il faut compter trois à quatre heures pour réellement en profiter. Il me manque du temps. De nombreuses activités sont proposées comme par exemple, une démonstration des mécanismes de scène de kabuki. Je continue dans l’étage vers la partie consacrée au Tokyo moderne (après 1868). Je parcours cette partie très vite pour ne pas dépasser l’heure que je m’étais fixée… Ici sont évoqués les événements ayant marqué la capitale nippone à partir de l’ère Meiji jusqu’à la deuxième partie du XXème siècle : l’occidentalisation de la ville, la révolution industrielle, le tremblement de terre de 1923, la deuxième guerre mondiale, la période de haute croissance et ses innovations technologiques (télévision, aspirateur, machine à laver…). Plein d’objets sont exposés comme l’ancêtre du manga, une sorte de bande dessinée à couverture jaune appelée le kibyôshi (黄表紙). Les collectionneurs de pièces trouveront également leur bonheur dans les expositions de pièces anciennes. Le yen étant (toujours) la devise monétaire depuis 1871.

Un kibyôshi, livre jaune de l'ère Meiji, ancêtre du manga

Pièces anciennes ryô

Match de football au Japon : Omiya Ardija – Kawasaki Frontale (J-League)

Je quitte le musée un peu blasé de ne pas pouvoir en profiter plus longtemps. Pas grave j’aurai vu de belles choses quand même ! Je prends un train entre 13 et 14 heures pour arriver à l’heure en gare d’Omiya dans la préfecture de Saitama au nord de Tokyo. Il faut que je reprenne le métro vers Akihabara puis la ligne Yamanote vers Ueno et enfin un autre JR de la ligne Takasaki. Il faut compter 45 minutes depuis cette partie de Tokyo pour rejoindre Omiya. Sur l’un des quais, je me dis que j’aurais peut-être mieux fait de rentrer à l’hôtel prendre de quoi me couvrir en regardant le ciel… Ma chemise à manches courtes va prendre cher ce soir (et moi avec) ! J’ai rendez-vous avec mon ami à 15h dans un endroit de la gare remarquable qui semble servir de lieu de rendez-vous le mamenoki (まめのき) qui représente une tige de haricot en métal. J’attends mon ami en me demandant comment nous allons nous retrouver vu la foule. Je n’ai pas de portable avec moi de surcroît. J’appelle à l’une des cabines publiques. Il arrive. Je retourne à l’endroit et on se retrouve finalement assez rapidement.

Passage piéton menant au stade

Boutique du club de Omiya Ardija

Nous avançons vers le stade alors que le match commence dans près d’une heure. Il y a à peu près 20 minutes de route à pied depuis la gare. Nous passons dans un passage piéton. J’achète de la bière et un sandwich en guise de repas tardif. Chaque coin de rue est aux couleurs oranges du club de la ville : les Omiya Ardija ! Nous croisons la route de nombreux supporters locaux comme adverses. Kawasaki est située au sud de Tokyo dans la préfecture de Kanagawa où se situe également Yokohama. Les supporters adverses sont en bleu clair. Nous arrivons bientôt à un coin de rue où se situe une boutique officielle du club. Nous rentrons et j’achète comme prévu une écharpe bleue et orange pour 2100 yens. Le stade n’est maintenant plus bien loin. Il suffit de suivre le flot de supporters qui remontent une longue allée bordée d’arbres. Des marchands vendent des takoyaki ça et là aux abords du stade. Il y a un grand sanctuaire shintô juste à côté du stade. C’est le Hikawa-jinja (氷川神社) dont la ville tient son nom de « grand sanctuaire » ou ômiya (大宮).

Tableau d'affichage : Omiya Ardija vs Kawasaki Frontale

Une partie des supporters d'Omiya

Tribune des supporters visiteurs de Kawasaki

Nous passons sous les torii successifs du sanctuaire puis nous arrivons rapidement aux guichets. Heureusement, nous avions déjà acheté nos billets à une caisse automatique d’un konbini à Ikebukuro. Les stadiers demandent de verser les canettes dans des verres pour rentrer. L’alcool est autorisé à l’intérieur du stade, c’est une bonne chose. Nous nous présentons ensuite à la porte 1 puis nous dirigeons vers la tribune ouest au dessus du kop. Il y a déjà du monde présent et les joueurs s’entraînent. Je reconnais vite le gardien Kitano et l’attaquant brésilien Rafael. La tribune des visiteurs en face est remplie de de supporters adverses aux couleurs de l’OM qui me font penser à un vélodrome miniature. J’aurai pendant tout le match la désagréable impression que les supporters adversaires donnent clairement plus de voix.


Présentation des équipes (en japonais).

Voici la composition de l’équipe titulaire ce soir : KitanoMurakamiFukayaTsubouchiSuzukiKanazawaAokiFujimotoKanakuboLee Chun SooRafael. Remarquez qu’il n’y a que deux étrangers dans cette équipe : un coréen et un brésilien. L’entraîneur Suzuki Jun est lui aussi japonais.

Malgré le flot de visiteurs constaté sur le chemin du stade, seuls 10740 supporters sont annoncés dans le stade. Une affluence pas très étonnante malgré le succès de plus en plus grandissant du football au pays du soleil levant. Je rappelle qu’Omiya était en J-League 2 jusqu’en 2004 ! Omiya avait besoin de victoires pour se maintenir en cette fin de saison 2010. Je ne ferai pas ici de résumé de match n’ayant pas pris de notes et ayant subi la pluie pendant la deuxième mi-temps. Sachez simplement qu’après avoir été menés 2 à 0 les écureuils d’Omiya seront revenus au score grâce à Fukaya et Ishihara. J’aurai vu le visage battant d’une équipe qui pourtant ne l’a pas été pendant une bonne partie de la saison. Vous pouvez consulter la fiche du match en japonais sur le site officiel du club. Trois joueurs de l’équipe nationale du Japon participent à la rencontre côté Kawasaki : le gardien de buts Kawashima (transféré depuis en Jupiler League belge au Lierse S.K), Inamoto et Nakamura (non pas Shunsuke ;-)).


Résumé du match (en japonais).

J’ai l’air fin avec ma petite chemise sous cette pluie et le froid qui s’installe en fin de première… Tant pis, je n’avais qu’à prévoir ce matin ! Nous allons chercher une bière à la buvette pour se mettre à l’abri en attendant. C’est une bière inédite que je goûte ce soir : la omiya biiru (大宮ビール) ! J’en profite également pour lire un peu ce qui est offert à chaque supporter à l’entrée : une feuille avec l’effectif complet et un descriptif de chaque joueur ainsi qu’une gazette résumant le programme du match du jour et ses enjeux ! La deuxième mi-temps commence sous une pluie battante… autant dire que je n’ai pas profité au maximum de ce match ! 🙁 Je remarque également une chose à la fin de la rencontre. Tous les joueurs des deux équipes sans exception viennent saluer les supporters ! En France, ce serait bien de constater ça à chaque match… au moins par respect pour les supporters. Nous nous empressons de revenir sur nos pas à la fin du match vers un abri dès que possible alors que la foule est assez dense. Sur le chemin, nous trouvons un magasin d’okonomiyaki, ça tombe bien on a les crocs ! Allez, troisième fois pour ce plat magique !

Restaurant d'okonomiyaki à Omiya

Enfin au sec pour discuter au calme autour d’une nouvelle biiru. Je demande aux chefs si j’ai l’autorisation de les prendre en photo avec la plaque chauffante. Pas de problème me répond le monsieur. Une fois n’est pas coutume, c’est encore très bon et avec ce froid qui se pointe c’est très revigorant. Probablement l’un de mes trois plats japonais préférés ! La plupart des restaurants français (voire aucun) ne propose ce genre d’okonomiyaki… sauf peut-être à Paris au Happa Tei (rue Sainte Anne). Nous discutons encore sur le chemin de la gare. J’avais demandé à mon ami où acheter du nattô en souvenir. Il m’emmène au supermarché et je trouve une boite pour 88 yens. Je testerai cette mixture de haricots fermentés plus tard à mon retour. Autant dire qu’il vaut mieux l’accompagner de riz ou d’autre chose ! Voilà pour cette dernière journée au Japon, encore riche en souvenirs. Je reviens à l’hôtel doucement en début de soirée après avoir dit au revoir à mon ami. Je prends le temps de donner des nouvelles sur Twitter puis prépare mes affaires pour partir très tôt demain matin et revenir en France…

Vous pouvez consulter les photos du 24 octobre. Les photos des autres journées sont également disponibles. Elles apportent un supplément visuel à chaque article. Chacune est localisée et comporte une légende. N’hésitez donc pas à y laisser vos commentaires ou questions !

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